Face aux appels à l’abolition de cette monnaie (francs CFA) héritée de la colonisation, l’économiste fustige les « extrêmes » et en vante la stabilité. Pourtant, les critiques sont nombreuses quant à son impact sur le développement des pays africains. Lionel Zinsou, économiste et ancien Premier ministre du Bénin, a défendu sur TV5 Monde le maintien du franc CFA, monnaie commune à 14 pays d’Afrique de l’Ouest. Faisant front face aux appels récurrents pour l’abolition de cette monnaie héritée de la colonisation française, Zinsou a dénoncé les « extrêmes » qui remettent en cause cette union monétaire, garante selon lui de stabilité et d’intégration régionale.
L’ancien Premier ministre a balayé les critiques sur la supposée surévaluation du franc CFA, réfutant son impact sur la compétitivité. « Nos économies sont vendeuses en dollars, la parité importe peu », a-t-il lancé, rappelant que les pays voisins dotés de monnaies indépendantes souffrent des mêmes maux économiques. Une pique à peine voilée envers ceux qui voient dans l’écu colonial un frein au développement.
Zinsou a également relativisé l’aspiration souverainiste, arguant que la plupart des pays membres demeurent attachés à cette monnaie commune. « Un changement prendrait des années », a-t-il prévenu pour mieux décrier toute sortie « par simple décret ». Un prudent rappel à l’ordre, alors que les vents de révolte ont récemment soufflé au Niger et au Mali contre le « Franc des colons ».
L’ex-chef du gouvernement béninois n’a pas mâché ses mots pour fustiger aussi bien les « extrêmes droites » que les « extrêmes gauches » hostiles aux unions monétaires, un « spectre politique » qu’il juge dépassé. À contre-courant, il a plaidé pour davantage d’intégration, saluant le souhait du Sénégal de réformer le franc CFA, mais « dans le cadre des 15 pays » de la CEDEAO, l’organisation régionale.
Au moment où la contestation enfle, Lionel Zinsou, défenseur de premier plan du « Franc de la France en Afrique », s’est institué en rempart pour maintenir un lien désormais honni par une partie du continent. Un discours résolument contre-révolutionnaire, pour un franc CFA plus que jamais dans le collimateur.